Remise de Peine
-écrit par Bzzbzz-
-(c) 2002/2003-
Titre : Remise de peine
Catégorie : Fanfic
libre
Auteur : Bzzbzz
E-Mail : gusvansant@caramail.com
Date d'écriture :
2002/2003
Classement : Tout publics
Période : Après
la 6ème saison.
Résumé : Après
ses études à Boston, Joey est retournée vivre à
Capeside. Beaucoup de choses ont changé et évolué.
Mais un événement familial va, somme toute, tout bouleverser.
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Ce matin-là, Joey se réveilla avec un sentiment bizarre
mêlé de joie, d’appréhension et de solitude alors que
le jour se levait sur le Bed&Breakfast. Elle n’avait pas voulu passer
la soirée avec Pacey afin de pouvoir se lever plus tôt, sachant
pertinemment qu’il l’aurait d’abord empêchée de dormir et
ensuite retardée pour se lever.
Aujourd’hui était un jour particulier pour elle et pour sa vie
de famille. Depuis presque toujours, ou tout du moins depuis toute petite,
sa vie de famille n’avait rien d’ordinaire. Aujourd’hui, allait-elle enfin
pouvoir retrouver un soupçon de normalité ? Rien n’était
sûr.
Alors qu’elle descendait pour déjeuner, sa sœur la salua. Elles
avaient décidé d’un commun accord que ce serait Joey qui
irait, ce matin-même, cherché leur père à la
sortie du pénitencier. Il avait obtenu une remise de peine, ce qui
avait étonné Joey lorsqu’elle l’avait appris compte tenu
du fait qu’il en était à sa deuxième inculpation.
C’était d’ailleurs à cette occasion que son dernier espoir
d’entretenir une relation familiale normale s’était envolé.
Mais elle avait depuis rétabli un certain équilibre avec
Bessie, Bodie et Alexander, mais aussi-et surtout- avec Pacey. Cela faisait
maintenant trois ans qu’ils formaient un couple, un "nous". Et à
la seule pensée de cet être si imprévisible, Joey retrouvait
le sourire, même dans les moments les plus difficiles.
Joey s’assit à la table de la cuisine pour prendre son petit-déjeuner.
Bessie était en train de boire son café, assise à
l’autre bout de la table. Joey se servit un bol de thé et en but
doucement une gorgée. Bessie se rapprocha alors de sa petite sœur
et s’assit près d’elle, juste en face, le sourire aux lèvres.
Bessie : Il est rare qu’on déjeune ensemble. Ca faisait longtemps.
Joey sourit tout en laissant son bol près de ses lèvres
: Est-ce que les mots que je viens d’entendre voudraient insinuer que je
ne passe pas assez de temps avec ma sœur ?
Bessie sourit franchement à la remarque.
Bessie : C’est peut-être bien ce qu’ils veulent dire.
Joey : On parle plus trop ces temps-ci.
Bessie : Oui, et ça me manque de ne plus entendre ma sœur se
plaindre.
Joey : C’est vrai que je suis souvent chez Pacey, ou que Pacey est
souvent ici. On se retrouve rarement seules toutes les deux comme avant.
Bessie, taquine : Tu veux dire que vous êtes TOUJOURS ensemble
et que vous ne vous lâchez plus, oui !
Joey sourit en baissant la tête, comme gênée d’être
si attachée à Pacey.
Bessie le remarqua et ajouta : Mais je suis contente que tu aies quelqu’un
sur qui compter.
Joey : Oui et je le suis aussi. Mais peut-être que je devrais
faire en sorte que ma grande sœur puisse aussi compter sur moi.
Bessie : Joey, tu sais que ce n’est pas ce que je voulais dire.
Joey : Oui, ne t’en fais pas. Mais je te promets que dès demain
nous trouverons le temps de reprendre nos petites conversations. Ca me
manque à moi aussi.
Bessie :Mais il se peut que demain ce soit un peu plus compliqué.
Joey comprit immédiatement que sa sœur parlait de la nouvelle
présence de leur père dans la maison.
Bessie : Comment tu le sens ?
Joey, réfléchissant : Je ne sais pas… je verrai quand
ça arrivera. Et toi ?
Bessie, un peu gênée : Je sens que… que ça va tout
changer. Et… je n’ai pas envie que ça change. Le présent
me plaît tel qu’il est pour l’instant.
Joey : Oui, je sais ce que tu veux dire. Mais ne t’inquiète
pas, je serai là moi aussi et on fera en sorte que rien ne change.
Elles continuèrent de discuter quelques instants puis Bessie
s’éclipsa : Je vais faire tourner quelques machines et j’ai encore
les papiers du mois de juillet à classer.
Joey : Moi j’irai mettre un peu d’ordre dans la cabane du jardin avant
de partir.
Joey remonta dans sa chambre pour se préparer et se dirigea
vers la cabane vêtue d’une tenue décontractée afin
de bricoler. C’était un ancien cabanon à outils qu’elle avait
transformé, avec l’aide de Pacey, en atelier, ou presque. Tout le
toit de bois avait été réparé, les trous rebouchés
et la porte changée. Il ne restait plus qu’à y déposer
le matériel et à l’installer. Joey s’affaira alors, faisant
de nombreux allers-retours jusqu’au garage, où tout avait été
entreposé en attendant, les bras chargés de pots de peinture
et de pinceaux. Elle avait décidé de repeindre les murs intérieurs.
Il n’était que 8h mais elle ne manquait pas d’énergie.
Elle sentait qu ‘il fallait qu’elle s’occupe pour éviter de penser
aux différents changements que Bessie avait évoqués
en même temps que la sortie de prison de leur père. Elle se
mit donc à peindre à grands coups de pinceaux.
Un moment plus tard, quelqu’un s’approcha et passa la tête par
la porte, regarda Joey s’activer puis dit : Tu as besoin d’un coup de mains
?
Joey se retourna le sourire aux lèvres : Comment se fait-il
que tu sois déjà levé à cette heure du matin
?
Elle se rapprocha de lui pour recevoir son baiser matinal mais Pacey
répondit : Doug m’a réveillé en venant me rapporter
quelques affaires.
Joey recula alors la tête et le regarda sévèrement,
déçue par la réponse.
Pacey ajouta, l’air taquin : Tu es trop susceptible ! J’avais envie
de te voir c’est tout. Si maintenant il me faut un motif à chaque
fois que je viens te voir…
Joey fit mine de se vexer : Tiens bah justement, je vais t’en donner
un de motif. –elle lui colla un pot de peinture et un pinceau entre les
mains- Aide moi donc à traiter les poutres.
Elle se retourna et reprit ses occupations. Pacey ne perdit pas son
sourire pour autant. Il posa le matériel par terre et s’approcha
de son amie doucement, la prenant dans ses bras par derrière : Bonjour
quand même, lui glissa-t-il en l’embrassant sur l’épaule.
Joey ne put continuer de feindre son sérieux et sourit volontiers
elle aussi. Elle se retourna dans les bras de son homme et répondit
: Bonjour.
Elle eut enfin droit à son doux baiser.
Pacey : A quelle heure tu dois partir ?
Joey : 10h. Je dois l’attendre à la sortie à 11h30.
Pacey : D’accord. Et ça va ?
Joey : Je m’occupe, ça fait passer le temps.
Pacey : Je t’aide ?
Joey : Quoi, t’es pas venu pour ça ?
Pacey : Si ! menti-il comme s’il n’attendait que ça.
Joey lui sourit et lui retendit le pot de peinture en haussant les
sourcils. Pacey se résigna en secouant la tête.
L’heure fatidique était arrivée. 11h15, Joey était
en avance. Appuyée contre la portière de la voiture, elle
attendait devant la sortie du pénitencier. Elle ne put s’empêcher
de remuer tout ça dans sa tête, ne sachant trop comment réagir,
elle envisageait tous les cas de figures, les uns après les autres,
quand soudain il s’imposa à elle. Alors que son père regardait
la grande porte métallique se refermer derrière lui. Joey
se figea. Elle se sentit comme paralysée. Il se retourna et contempla
ce qui s’annonçait représenter sa liberté et posa
son regard sur cette jeune femme qu’il mit un certain temps à reconnaître.
Durant ces années elle avait encore changé.
Joey sourit timidement. Curieusement, elle ne ressentait pas le besoin
de courir pour tomber dans ses bras. Après tout, il l’avait déçue
2 fois !
Il se rapprocha lentement de sa fille et s’arrêta à quelques
2 mètres d’elle. Il posa son sac à terre et la contempla
une poignée de secondes. Ils se regardèrent les yeux dans
les yeux puis il l’a pris dans ses bras. Joey ferma les yeux et lâcha
un long soupir de soulagement, se sentant comme de nouveau protégée
par ce père qui lui avait tant manqué, retrouvant un certain
goût de sa petite enfance et se remémorant ces moments passés
dans ses bras.
Mr Potter : Tu dois en avoir des choses à me raconter !
Joey : Monte, il y a du monde qui veut te voir.
Mr Potter sourit et s’exécuta à la suite de sa
fille qui était déjà installée derrière
le volant.
Sur le chemin du retour, Joey surpassa sa gêne et son intimidation
pour lui raconter les différents changements qui s’étaient
produits à Capeside.
Lorsqu’ils arrivèrent au B&B, Joey s’effaça quelques
instants devant le comité d’accueil formé de Bessie, Bodie
et Alexander. Elles les regarda se retrouver et remarqua la chaleur avec
laquelle ils l’accueillaient, celle-là même qu’elle n’avait
pas osé montrer 2h plus tôt.
Bessie : Rentrons, le repas est prêt.
Joey les rejoignit alors et rentra avec eux dans l’auberge. Ils s’installèrent
à table. Lorsqu’ils mangèrent, on aurait presque pu dire
qu’il régnait une ambiance harmonieuse et familiale. Personne ne
semblait vouloir évoquer la raison qui avait longtemps séparer
cette famille. Mike reprenait peu à peu ses petites habitudes et
sa place au sein du cercle familial. En une poignées de minutes,
il semblait avoir oublié qu’il avait quitté cette maison
pendant des années. Il aura fallu un repas pour ressouder ce qui
avait été dispersé. Un dialogue s’était établi
sans problème mais les sujets de conversation restaient tout de
même très restreints et sélectifs.
Mais Joey, sans le vouloir, rompit le charme : Que comptes-tu faire
maintenant ?
Cette question, de prime abord anodine, lança un froid glacial
sur la salle à manger. Bessie baissa la tête et fixa son assiette,
maugréant silencieusement contre sa sœur. Seul Mr Potter garda la
tête haute. Après quelques secondes de silence, Joey put se
rendre compte de l’impact de son questionnement.
Mr Potter : Je ne sais pas Joey… Essayer de chercher du travail dans
un premier temps.
Bodie esquiva la conversation en commençant à relever
les assiettes : Qui prend du café ?
Joey : Pas pour moi, merci. Je vais ranger l’atelier.
Elle quitta alors la salle à manger après avoir déposer
les verres dans l’évier de la cuisine. Elle se dirigea vers le jardin
une fois de plus afin de passer l’ultime couche de peinture.
Plus tard dans l’après-midi, Bessie la retrouva dans le garage
où Joey regroupait diverses choses.
Bessie, compréhensive : Je sais que tu angoisses à l’idée
de devoir revivre avec lui, je suis dans le même cas. Mais s’il te
plaît, agis avec tact. C’est difficile pour tout le monde.
Joey : Je suis désolée. Je ne pensais vraiment pas provoquer
un tel malaise. Je n’ai pas réfléchi.
Bessie : Tu as besoin de quelque chose ?
Joey : Non, ça va aller. C’est presque fini, et tu sais quoi
?
Bessie secoua la tête.
Joey : … on pourra parler tranquillement quand tout sera définitivement
installé.
Bessie la prit dans ses bras et repartit.
Joey réalisa "Ce n’est vraiment pas le moment de créer
des tensions avec sa sœur ! "
Joey reprit son activité quand Bessie hurla son nom depuis le
perron. Joey se dirigea vers la maison l’air inquiet. Qu’avait-elle encore
bien pu faire ? Mais apercevant Jen faire le tour de la maison, elle ne
se posa plus de question et arbora un grand sourire. Bessie rentra alors
dans l’auberge.
Jen : Tu bricoles ?
Joey : Je fignole ! Qu’est-ce qui t’amène ?
Jen : Je voulais savoir comment ça se passait et comment tu
allais.
Joey sourit, Jen était adorable. : Pour l’instant c’est… bizarre.
Je ne sais pas trop comment je dois me comporter mais il a l’air de bien
s’adapter, regarde.
Jen se retourna pour suivre le regard de son amie. Mr Potter était
en train de couper du bois.
Joey rigola : il prépare l’hiver.
Jen, de même : Il ne sera pas en retard !
En effet, le mois de septembre était à peine entamé
Jen : Mais c’est pas Pacey qui le fait généralement ?
Joey : Je crois qu’il avait besoin de se rendre utile. J’ai fait une
bourde tout à l’heure.
Jen, souriant et fronçant les sourcils : Est-ce que ce n’est
pas rôle d’habitude ?… Vas-y raconte.
Joey : tu veux une tasse de thé ?
Jen acquiesça. Elles rentrèrent préparer le thé
et ressortirent afin de s’attabler dans le jardin.
Joey reprit alors son récit. Elles discutèrent pendant
un long moment, parlant de tout et de rien comme elles le faisaient de
coutumes.
Jen travaillait depuis maintenant un an à la radio et même
s’il ne s’agissait que d’une radio régionale basée à
quelques kilomètres de Capeside, elle s’y plaisait énormément
et avait toujours beaucoup d’anecdotes à tous propos.
Jen et Joey ne perdaient jamais une occasion de se voir. Surtout depuis
que Jack était parti poursuivre ses études en Angleterre
pour parfaire ses connaissances en Droit. Jen s’était retrouvée
seule et désemparée sans le pilier de sa vie mais avait su
retrouver son équilibre auprès de ses 2 autres amis.
Jen observa de loin Mr Potter et se rendit compte qu’elle ne l’avait
jamais réellement connu.
Jen : Bien, je vais y aller Joey. J’ai encore une émission à
préparer. Passe me voir si tu trouves le temps.
Joey accompagna Jen qui passa par l’autre côté de la maison
sous l’œil surpris de son amie. Elle se dirigea alors vers le père
de cette dernière.
Jen, tendant la main : Bonjour, je suis Jen Lindley et enchantée
de vous rencontrer.
Mike s’essuya la main sur son pantalon avant de lui serrer la main
: Oh bonjour Jen. J’ai beaucoup entendu parler de vous.
Jen, toujours aussi gonflée et souriante : Ca ne m’étonne
pas, ma réputation m’a toujours précédée. Vous
savez, j’ai le même âge que votre fille alors vous auriez tout
aussi intérêt à me tutoyer.
Mr Potter sourit face au culot de cette jeune petite : Très
bien Jen, je n’y manquerai pas.
Jen : Au revoir Mr Potter et au plaisir de vous revoir.
Elle s’éloigna en compagnie de Joey qui souriait à son
tour : Tu sais, tu n’étais pas obligée d’en faire autant.
Jen, jouant la sincérité : Comment ?! Mais c’est un honneur
pour moi, tu n’imagines pas.
Joey rigola franchement : Tu ne changeras jamais ! C’est fou ce que
ton humour ressemble à celui de Pacey.
Jen : Au moins je te fais rire !
Elle monta dans sa voiture : Bon ma courgette, c’est pas tout mais
je dois gagner ma vie moi. Et tu devrais en faire autant. Pense à
rouvrir ta boutique demain quand même…
Comme à son habitude, Jen partait le sourire aux lèvres.
En effet, exceptionnellement, Joey avait fermé son magasin pour
la journée. Ce n’est pas tous les jours qu’on retrouve son père
! Après ses études, bien que très réussies,
elle n’avait pas eu envie de se lancer dans ce que tout le monde pensait
bon pour elle tels que l’édition, l’écriture ou le commerce
d’art… Elle était alors revenue à Capeside où elle
avait fini par reconstruire quelque chose avec Pacey. Cette relation l’avait
poussée à bien des niveaux et principalement dans la création
de son commerce de fleurs. Elle était donc devenue fleuriste au
grand bonheur de Capeside qui devaient, depuis le décès de
l’ancien fleuriste, courir dans les environs pour être servi.
La fin de la journée arriva à grands pas pendant que
tout le petit monde de l’auberge des filles Potter s’affairait à
diverses tâches. Joey rentra et alla aider sa sœur à préparer
le dîner, alors que leur père jouait avec son petit-fils,
en compagnie de Bodie.
Quelques minutes plus tard, alors que Joey était en train de
mettre la table, Pacey entra par la cuisine.
Pacey : Salut Bessie.
Bessie, ironique : Pacey ! Ca faisait longtemps qu’on ne t’avait pas
vu !
Pacey : Bessie, je te l’ai déjà dit 100 fois… c’est ta
sœur que j’aime.
Bessie explosa de rire et lança à l’intention de sa sœur
: Joey !…Rajoute un couvert.
Pacey sourit. Il avait repris l’habitude de taquiner Bessie durant
ces 3 dernières années. Lorsqu’il était rentré
de Boston et que Joey et lui s’étaient retrouvés, il avait
tout de suite repris ses bonnes vieilles habitudes à son égard.
Bessie se prêtait d’ailleurs bien au jeu.
Joey revint dans la cuisine avec le sourire car elle avait bien compris
qu’IL était là.
Joey s’amusant un peu : C’est à cette heure-ci qu’on rentre
jeune homme ?
Pacey : Est-ce que ce n’est pas toi qui me demandait d’avoir un motif
précis pour venir te voir ? Ben voilà : J’ai faim, je viens
!
Joey lui donna un coup de torchon ce qui le fit encore rire.
Pacey : Mais je comprends pas, plus d’une femme serait heureuse de
me voir leur rendre visite et toi tu ronchonnes tout le temps…
Joey, d’un ai de défi : Si jamais tu t’avises ne serait-ce qu’une
seule fois de "rendre visite" à une autre femme, je te tranche la
gorge.
Pacey, sérieux : D’accord. Dans ce cas je ferai comme mon frère,
je me tournerai vers les hommes- dit-il en attrapant Joey pour l’embrasser.
Il lui chuchota alors : 24h sans te voir est un enfer.
Bessie : Bien, tout le monde à table
Joey et Pacey se dirigèrent vers la table et rejoignirent les
autres.
Pacey, apercevant Mike discuter avec le petit Alexander, sourit. Il
ne l’avait pas vu depuis très longtemps lui aussi. Mais quand Mike
leva le regard sur lui, il se figea. On vit très rapidement qu’il
devenait hostile. Pacey ne réalisa pas immédiatement mais
s’en rendit vite compte lorsqu’il constata que la main qu’il lui tendait
restait si longtemps dans le vide.
Mike, agressif : Que fait-il ici ? Qu’est-ce que ce nabot fait chez
moi ?
Pacey, abasourdi : Je vous demande pardon ?!
Il n’en croyait pas ses oreilles.
Joey : Mais qu’est-ce qu’il te prend papa ? Tu ne le reconnais pas
? C’est Pacey, voyons !
Mike : Jamais un Witter ne remettra les pieds dans ma maison !
Pacey eut un sursaut et ouvrit d’énormes yeux qui traduisaient
sans peine son effarement.
Joey, prit sa défense : Comment oses-tu prononcer de tels mots
et nous ordonner quoique ce soit ? Cette maison n’est pas la tienne. Nous
nous sommes battus, autant Pacey que Bessie et moi, sinon plus. Quand tu
n’étais pas là, car je te rappelle que tu n’étais
pas là, Pacey nous a toujours soutenu. Il était…
Pacey essaya de la calmer : Laisse Joey…
Joey : Non Pacey. (reprenant à l’intention de son père)
il était le premier sur le champ de bataille. Mais toi…toi..
Cette fois-ci, Pacey posa sa main sur le doigt accusateur que tendait
Joey en direction de son père.
Pacey : Ce n’est rien, je vais rentrer. Je comprends.
Il tourna les talons et quitta l’auberge après avoir embrassé
Joey sur les cheveux.
Joey regarda son père avec insistance et secoua la tête
avant de courir rejoindre Pacey.
Joey sur le perron : Pacey attends !
Pacey s’arrêta dans la pénombre et se retourna doucement.
Joey : Pacey je ne comprends pas… Tu prends sa défense ??!!
Pacey : Non Joey, je ne prends pas sa défense. Mais mets-toi
à sa place. Je suis le fils du shérif qui l’a mis en tôle.
Joey : Non justement Pacey…je ne suis pas à sa place. Il s’est
mis tout seul dans ce pétrin et il ne doit s’en pendre qu’à
lui. Il est seul responsable… Et puis de quel droit se permet-il de juger
une personne en fonction de son père ?
Ces paroles s’appliquaient tout autant à Pacey qu’à Joey
car elle n’avait jamais supporté d’être assimilée aux
activités criminelles de son père. Elle pensait souvent qu’un
enfant n’est en rien responsable des actes de ses parents, quels qu’ils
soient.
Joey se calma et se rapprocha de lui tendrement, en lui passant une
main délicate sur la joue : S’il te connaissait un tant soit peu,
il verrait quel genre de personne tu es et que tu n’as rien en commun avec
ton père.
Pacey stoppa le geste de Joey et lui dit, alors plus que sérieux
: Pourquoi ne lui as-tu rien dit pour nous ?
Joey écarquilla de grands yeux, réalisant qu’elle ne
l’avait vraiment pas dit à son père : Je …je ne sais pas.
Ca me semblait tellement naturel et évident que je n’ai pas ressenti
le besoin de le lui dire. Sur le moment, je ne me suis pas dit qu’il n’était
pas au courant et que c’était extraordinaire, je crois…
Pacey, surpris : Alors pour toi notre histoire n’a rien d’extraordinaire
!?
Joey : Non, ce n’est pas ça Pacey. Ce n’est pas ce que je voulais
dire. C’est simplement que…que pour moi c’est une chose acquise…même
si avec toi je ne sais jamais ce que chaque jour me réserve. Je
t’aime, tu le sais, et j’avais tout bêtement oublié que lui
ne le savait pas. Ce n’était pas volontaire de ma part, il faut
me croire… Pacey, dis-moi que tu me crois !
Pacey l’embrassa sur le front : En attendant, je suis désolé
d’avoir gâché vos retrouvailles. Sincèrement désolé.
Joey : Je m’en veux Pacey…
Pacey : Bonne nuit Joey.
Il partit alors à pieds en direction de son appartement en centre-ville.
Joey le regarda s’éloigner.
Joey s’apprêta à retourner affronter son vieux démon.
Elle rentra et fit claquer la porte derrière elle. Son père
était à table, avec le reste de la famille. Personne ne disait
mot. Elle s’approcha et resta debout à côté de lui,
raide comme un piquet, alors que, lui, fixait son assiette.
Joey serra les dents avant de laisser échapper sa colère
: Tu viens de chasser mon fiancé de NOTRE maison. De quel droit
? De quel droit te permets-tu de décider des qui gens qui peuvent
ou non passer le seuil de cette porte ?
Mr Potter : Tu ne peux pas aimer un incapable pareil, Joey !
Joey, méprisante quant à cette dernière réflexion
: Mais qu’est-ce qui te dérange le plus au fond ? Que ce soit le
fils du shérif ou bien que ce ne soit pas Dawson comme c’était
le cas avant ?… Qu’importe ton accord de toutes façons, ça
fait 10 ans que je n’ai plus de père ce n’est pas aujourd’hui que
tu vas m’interdire quoique ce soit !
Joey partit violemment s’enfermer dans ses quartiers.
Pacey, lui, n’était finalement pas rentré chez lui. La
situation le tracassant, il avait pris la décision d’aller à
la marina. Depuis son retour soudain de Boston, il travaillait à
restaurer les bateaux et à les entretenir. Pacey était un
homme consciencieux et se clients le savaient. Il avait, lui aussi, réussi
à se faire une réputation, ce qui, en temps normal, le rendait
heureux.
Pacey travailla alors une bonne partie de la nuit sur un de ces bateaux
qu’il devait retaper.
Après avoir passé quelques heures à tourner et
retourner toute l’histoire dans sa tête, Joey se leva et sortit de
sa chambre par la fenêtre (afin de ne croiser personne au cas où
certains ne seraient pas encore couchés) et retourna une fois de
plus dans son "atelier" pour exploiter sa colère à des fins
artistiques.
Les heures passèrent et ce fut rapidement l’aurore. Dans quelques
heures, Bessie et les autres commenceraient à se lever. Joey décida
alors de se préparer rapidement puis de filer illico au magasin,
peu importe l’heure.
Sur le chemin, elle repensait encore à tout ce qui lui était
tombée dessus en une journée. Comment tout ceci avait pu
arriver ?
Elle s’activa dans l’arrière-boutique et composa quelques bouquets
qu’elle pourrait très certainement vendre dans la journée.
Plus tard dans la matinée, Mme Donnen vint récupérer
les compositions qu’elles commandaient tous les jours pour son petit salon
de thé. C’était une dame de la soixantaine, très gentille,
avec qui Joey s’était plus ou moins liée d’amitié.
La cloche de la porte d’entrée retentit et comme chaque matin
un "Joli Joey !" résonna dans le magasin. Cette dernière
sortit de la réserve en ôtant ses gants et s’approcha de Mrs
Donnen pour l’embrasser comme elle le faisait d’ordinaire : Bonjour Mary.
Cette femme était son rayon de soleil. Elle ne l’avait jamais
vu triste ou de mauvaise humeur. Elle vivait pleinement sa vie et en était
chaque jour plus forte.
Mrs Donnen : Tu m’as préparé mes fleurs ?
Joey : Comme d’habitude Mary.
Ce début de conversation était le même depuis plusieurs
années maintenant. C’était devenu un rituel.
Mrs Donnen s’assit sur la chaise qui lui était réservée
et lança la conversation : Alors mon petit ! Comment s’est passé
le retour du patriarche ?
Mary était au courant de tous les événements de
la vie de sa petite protégée. Cette dernière lui confiait
tout. Elle avait même été la première au courant
à savoir quand Pacey et elle s’étaient retrouvés.
Joey lui expliqua alors la situation dans les moindres détails
en sirotant leur habituel café. Mary était de très
bons conseils.
Les minutes passèrent et la petite aiguille de l’horloge glissa
sur le 11. Mary se leva alors : Voilà maintenant les cartes sont
entre tes mains.
Joey étreignit celle qui était son mentor et lui sourit
alors qu’elle quittait le magasin après avoir chargé ses
quelques bouquets dans le coffre de son vieux pick-up. Une fois son amie
partie, Joey décrocha son téléphone et composa le
numéro de Pacey. 4…5…6 sonneries. Personne ne répondit. Elle
raccrocha tristement en réalisant qu’il devait être au travail.
L’heure de midi approcha et, comme d’habitude, les clients affluaient.
Elle ne pouvait jamais prendre de pause à midi car les gens qui
travaillent profitaient généralement de ce moment de temps
libre pour faire leurs divers achats.
Joey voyait les heures passer et le magasin ne désemplissait
pas, chaque client semblait venir avec une seule et unique idée
en tête : en savoir plus sur l’arrivée de Mike Potter à
Capeside. Elle s’efforçait du mieux qu’elle pouvait pour contenir
son envie de tout plaquer et de tous les envoyer au diable. Mais le commerce
est ce qu’il est et elle n’avait aucune envie de mettre la clé sous
la porte dès le lendemain. Elle prit sur elle et garda tant bien
que mal le sourire en pensant que cet événement lui avait
pour le moins servi économiquement.
Il était enfin 19h, Joey ferma la boutique. Elle allait pouvoir
mettre en application les conseils prodigués par Mary Donnen.
Devant la porte, elle frappa 3 coups distincts et baissa ensuite la
tête dans l’attente d’une réponse.
Pacey vint ouvrir la porte, le geste lent, et resta impassible. Joey
releva la tête et le regarda dans les yeux, l’air sincèrement
coupable.
Pacey lâcha dans un soupir : J’ai cru que tu ne viendrais jamais…
A l’entente des mots, Joey se rapprocha de lui et se blottit tendrement
dans ses bras comme en demande de réconfort. Elle murmura, la tête
dans le cou de Pacey : Je suis désolée.
Pacey la serra encore plus fort.
Joey : Je voulais te parler, j’ai essayé de t’appeler mais…
Pacey : J’étais à la marina. J’y ai passé la nuit,
je ne pouvais pas dormir.
Joey esquissa un timide sourire : j’ai passé la nuit dans le
cabanon…
Il la fit entrer, poussa la porte du pied et s’installèrent
sur le sofa. Joey s’appuya sur Pacey qui l’entoura d’un bras protecteur,
et caressa un de ses bras.
Ils commandèrent à manger au traiteur chinois et dînèrent
tranquillement sur le canapé. L’ambiance s’était rétablie
de ce côté-là de la rivière et tout leur semblait
être rentré dans l’ordre. Mais lorsque Joey regarda sa montre,
la boule à l’estomac qu’elle avait eu toute la journée revint.
Pacey : Tu comptes partir ?
Joey : J’aimerais au moins avoir une petite conversation avec ma sœur.
Je veux connaître son point de vue.
Pacey : Joey, ne cherche pas à savoir qui est de ton côté
ou du sien. C’est dangereux. Ca ne doit certainement pas être facile
pour elle aussi.
Joey se dégagea des bras de Pacey, se leva du canapé
et quitta le salon en disant : J’y penserai…
Elle récupéra son sac et sa veste dans l’entrée
alors que Pacey la suivait. Une fois prête, elle se planta devant
lui et lui sourit.
Joey : Merci.
Elle l’embrassa en lui caressant la joue affectueusement comme Pacey
le faisait parfois pour elle.
Pacey : Je t’aime… Même s’il n’est pas d’accord.
Joey le serra dans ses bras, elle savait bien qu’il souffrait autant
qu’elle dans cette histoire. : Je t’aime aussi Pacey.
Elle se dégagea et ouvrit la porte pour s’y engager. Avant qu’elle
ne s’en aille, Pacey lui attrapa la main qu’elle avait placée sur
la poignée de la porte :Joey…si tu as le moindre problème,
tu as les clés.
Joey sourit. Il porta la main à sa bouche pour l’embrasser puis
la laissa partir.
De retour au B&B, moment qu’elle redoutait depuis le matin-même,
elle rentra par la cuisine et , comme elle l’espérait, y trouva
sa grande sœur.
Elles se regardèrent apparemment toutes deux ennuyées.
Bessie, timidement : Ca va ?
Joey haussa les épaules et soupira.
Bessie : Il a tenu à ce qu’on t’attende pour dîner…
Joey eut un rictus et secoua la tête, irritée : C’est
le comble !
Puis Joey enchaîna, redevenue calme : J’aimerais qu’on se parle.
Tu peux me rejoindre dans l’atelier ce soir ?
Bessie : J’y serai, ne t’en fais pas. Je viendrai quand il sera couché.
Joey sourit et la serra dans ses bras, puis sortit de la cuisine. Une
chose l’avait choquée. Soudainement plus personne ne l’appelait
" papa ", "Mike", ou même "Mr Potter". Ils se contentaient tous d’un
simple " il ". La simple évocation de son nom avait l’air de mettre
mal à l’aise. Mais cela Joey le comprenait tout à fait.
Son père l’interpella la voyant se diriger dans le bureau :
Tu ne viens pas manger ? On t’attendait !
Joey lança , en passant son chemin, sans lui prêter la
moindre attention : J’ai déjà mangé !
Elle s’installa alors dans le bureau et se connecta à Internet.
Elle ne s’imaginait pas passer de nouveau la soirée entre les 4
murs de sa chambre à fixer le plafond en broyant du noir.
Il lui arrivait souvent de dialoguer avec Jen pendant son émission
de radio, qui consistait principalement à programmer des disques
en première partie de soirée. Elle trouvait facilement le
temps de bavarder.
Ce soir encore, Joey se connecta mais cette fois la conversation n’aurait
rien de très réjouissant. Jen ne tarda pas à répondre
au message de détresse de sa meilleurs amie.
Un peu plus tard dans la soirée, après avoir fini de
manger et fait la vaisselle, Mr Potter rentra dans le bureau où
se trouvait Joey sans même frapper. Joey releva la tête stupéfaite.
Mike : Joey ton attitude me déçoit beaucoup. Tu
ne prends même pas la peine de manger avec ta famille. On t’attendait
depuis plus de 2h. On dirait que ça ne te fait ni chaud ni froid
que ton père soit là et de retrouver ta famille au complet.
Joey, hébétée, écoutait le beau discours
de son père, quand elle reprit ses esprits : Mais tu te moques de
qui avec tes belles paroles, Tu veux me faire la morale ? Toi ! Toi qui
a passé le plus clair de ta vie en prison.
Mr Potter devint vert de rage : Ne parle pas comme ça à
ton père !
Joey se voyait revenue au temps où sa mère était
encore en vie.
Joey : Mais réveille-toi un peu. Je n’ai plus 12 ans et ton
autorité paternelle je n’en ai plus rien à faire. Tu croyais
quoi ? Qu’après la scène que tu nous à faite l’autre
soir j’allais revenir vers toi la queue entre les jambes pour te demander
pardon d’avoir choisi Pacey , de l’aimer et d’être rentrée
après l’autorisation de 9h ?! Mais mon pauvre père, on est
plus en 1830, ta fille est majeure et fait ce qu’elle veut maintenant.
Ton "accord parental" tu sais dès aujourd’hui ce que tu peux en
faire ! Le temps que tu as passé au trou t’a privé de toute
autorité sur les gens qui t’entouraient., moi la première.
Tu ne reprendras jamais la vie là où elle s’est arrêtée
pour toi parce que pour nous tout à continuer et on a dû faire
avec. Tes 2 filles ont dû grandir plus vite que les autres pour se
sortir de la merde dans laquelle tu nous avais laissées. Dieu merci,
Pacey et les autres étaient là pour nous aider. Tu as devant
toi la seule et unique Joey, celle de 24 a! ns qui n’a plus de parent !
Sur ce, Joey quitta la pièce et sortit expressément prendre
l’air dans le jardin.
Mr Potter, en allant s’installer dans le salon pour regarder la télé,
tomba sur Bessie qui le regarda avec insistance.
Bessie : Elle a raison tu sais. Ce n’est pas maintenant que tu vas
décider pour elle de ce qui est bon ou non.
Mr Potter s’emporta : Est-ce que c’est un complot ??
Enervé, il entra finalement dans sa chambre et ferma énergiquement
la porte. Bessie en profita alors pour rejoindre Joey dans le cabanon.
Elle frappa et entra. Joey se leva du fauteuil dans lequel elle méditait.
Bessie, lui tendant une tasse de tisane fumante : Tiens. Fais attention
c’est chaud.
Joey sourit de l’attention de sa sœur : Merci.
Bessie, regardant autour d’elle : c’est bien ce que tu as fait de ce
vieux taudis.
Joey : c’est petit mais je m’y sens bien. C’est très…cosy.
Bessie continuait d’inspecter avec minutie quand elle tomba sur une
toile recouverte d’un drap. Le montrant du doigt, elle interrogea sa sœur
:Je peux ?
Joey haussa les épaules, alors Bessie découvrit le tableau.
Bessie : C’est superbe Joey. Tu tiens bien ça de maman.
Joey, gênée : Merci.
Bessie : Tu as raison de t’y remettre.
Joey se rassit dans son fauteuil et Bessie en fit autant. Après
quelques longues secondes de silence, Bessie se lança : J’ai entendu
tout à l’heure.
Joey : Il avait dépassé les bornes !
Bessie : Je sais.
Joey : Je ne comprends pas pourquoi il agit comme ça. J’ai l’impression
d’avoir subi un voyage dans le temps.
Bessie comprenait bien le problème.
Bessie : Je sais que c’est dur et qu’il se permet de faire des choses
qu’il ne devrait pas mais je ne peux pas le foutre dehors. On est sa famille
malgré tout.
Joey : Je sais bien Bessie et ce n’est pas ce que je veux. Tu sais,
j’envisage d’aller vivre chez Pacey. Cette situation est inconfortable
pour tout le monde et je ne lui pardonnerai pas tant qu’il n’aura pas présenté
ses excuses à Pacey.
Bessie : Je ne vais pas te cacher que ça va me faire bizarre
de ne plus t’avoir à la maison mais je n’ai pas l’intention de t’empêcher
d’avancer. Après tout tu as 24 ans…
Joey but une gorgée de tisane pour cacher l’incertitude dans
laquelle elle se trouvait. Le plus dur n’était pas d’emménager
avec Pacey, il vivait déjà quasiment ensemble, mais simplement
de perdre ses repères aux côtés de sa sœur et Bodie,
et de quitter la maison dans laquelle elle avait toujours vécu.
Comme si Bessie avait lu en sa sœur comme dans un livre ouvert, elle
reprit : De toutes façons, tu seras toujours chez toi ici. Tu reviendras
quand tu veux. Et puis ce n’est pas comme si tu changeais d’Etat.
Joey : Tu garderas ma chambre ?
Bessie : En fait, je pensais en faire une salle de sport, tu sais,
avec des tas de toutes ces machines de torture qu’on voit dans ces émissions
de télé-achat. T’en as de ces questions toi ! Des fois je
me demande si tu as réellement fait des études.
Joey sourit de la stupidité de sa question.
Bessie : J’ai l’impression que tu appréhendes plus que moi au
fond. C’est pourtant pas la première fois que tu quittes la maison.
Tu te souviens que tu es partie faire des études à Boston
??
Joey : Oui c’est vrai, je ne sais pas pourquoi je m’angoisse comme
ça.
Bessie, attendrie : Et puis ça se passera très bien avec
Pacey.
Joey : Oh ça j’en suis convaincue, ce n’est pas le problème.
C’est pour toi en fait que je m’inquiète.
Bessie : Ne t’en fais pas pour moi. Papa ne va sans doute pas rester
là indéfiniment. Et puis il y a Bodie, et Xander saura me
divertir. Il faut bien que tu vives ta vie toi aussi maintenant.
Le lendemain matin, comme cela avait été prévu
la veille, Jen débarqua au magasin. Elle s’approcha directement
de Joey et la prit dans ses bras : Si j’avais su je ne me serais pas montrée
si sympathique avec lui.
Joey sourit. Mission accomplie.
Joey : Je suis désolée pour hier, je t’ai brutalement
laissé en plan mais j’ai eu le droit à une nouvelle démonstration
du pseudo pouvoir patriarcal.
Jen, compatissante :Ouïe !
Joey lui raconta alors le second acte de la pièce qui se jouait
chez elle depuis 2 jours.
Un peu plus tard, Mary Donnen passa prendre ses compositions quotidiennes
: "Joli Joey !"
Jen se leva avec le sourire.
Mary : Oh Jen, tu es là. Comment vas-tu ?
Jen la serra dans ses bras : Très bien et toi ? Toujours pas
décidée à prendre une assistante ?
Mary : plutôt mourir ! Les 2 seules assistantes que j’aurais
pu choisir sont déjà prises.
Jen et Joey sourirent. Joey s’approcha en lui tendant une tasse : Un
peu de café Mary ?
Elle accepta volontiers, la discussion pouvait donc commencer.
Une fois de plus, Joey marchait dans les rues de Capeside. La ville
s’assombrissait petit à petit et lorsqu’elle s’en rendit compte,
la fraîcheur du soir commençait à lui donner des frissons.
Elle avait passé une heure à réfléchir à
ce qu’elle devait faire, à ce que lui avait conseillé ses
amies ainsi que sa sœur, et à ce qu’elle allait dire à Pacey
en débarquant chez lui comme une fleur. Elle regarda sa montre et
en déduit qu’il était l’heure. Elle se dirigea vers l’appartement
de Pacey, soupira un bon coup et arbora un large sourire en frappant à
la porte. Elle avait longuement hésité et avait finalement
opté pour le petit détail qui ferait peut-être toute
la différence. Comme elle l’avait fait la veille, elle tenait à
frapper à la porte plutôt que de se servir des clés
que Pacey lui avait remises. Elle n’était pas encore chez elle et
voulait vraiment lui laisser le choix et non pas s’imposer. Après
quelques secondes d’attente après lesquelles elle s’apprêtait
à! refrapper à la porte, Pacey ouvrit la porte.
Pacey : Joey c’est toi ? Mais pourquoi tu ne te sers pas de tes clés
?! J’étais sous la douche là.
Joey sourit en haussant les sourcils : Tout simplement parce que je
ne suis pas chez moi chéri. Je peux entrer ?
Pacey s’effaça immédiatement : Oh oui évidemment.
Excuse-moi.
Joey moqueuse : tu es tout pardonné.
Après être entrée, elle se plaça face à
lui et continua, taquine : Je peux ?
Pacey sourit à son tour comprenant les pensées de cette
jeune femme qu’il connaissait bien. Il lui prêta alors ses lèvres.
Joey : J’ai l’impression, ces derniers temps, que tu veux me priver
de baisers…
Pacey l’attira contre lui : Ne dis pas de bêtises, voyons !
Il l’embrassa à nouveau : Pourquoi me priverais-je moi aussi
?
Joey sourit, l’air entendu. Ils s’embrassèrent alors plus intensément.
Mais , au bout de quelques échanges sulfureux, joey mit fin à
l’étreinte en se dégageant délicatement, et s’essuya
légèrement les lèvres en se raclant la gorge afin
de se remettre les idées en place.
Joey : Pacey, j’ai quelque chose à te demander.
Pacey semblait quelque peu déçu d’avoir été
stoppé en si bon chemin. Il soupira de frustration et se laissa
tomber dans le fauteuil, un petit sourire aux lèvres : Je t’écoute…
Joey entreprit alors d’exposer les faits en plaidant sa cause, presque
ravie de sa tactique : Bien. Tu es au courant de ce qu’il se passe chez
moi. Tu es d’ailleurs au cœur du problème…
Pacey souleva brièvement ses bras et les laissa lourdement retomber
sur les accoudoirs : Inévitablement et comme toujours, non ?
Joey sourit encore une fois et continua : Voilà, donc compte
tenu de ta part de responsabilité dans cette histoire et du fait
que ça ne serait jamais arrivé si tu n’avais pas été
Pacey, j’ai jugé que tu avais le devoir de m’aider. Ne pouvant et
ne voulant plus rester à l’auberge qui porte malgré tout
mon nom pour de multiples raisons, je t’ai élu, toi Pacey Witter,
comme mon nouveau colocataire. Et pour fêter ça- elle se dirigea
derrière le sofa, se baissa et se releva avec une boîte dans
les mains –j’ai acheté des petits gâteaux à la boulangerie….enfin
(avec une petite grimace)…si tu acceptes évidemment sinon je serai
obligée de repartir avec.
Pacey quitta le fauteuil et marcha jusqu’à Joey sans ciller.
Il se plaça derrière elle et avança sa tête
au dessus de son épaule : C’est maintenant que tu te décides
à accepter ma proposition !
Joey sourit en se mordant les lèvres. Puis elle se retourna
pour lui faire face : Oui mais maintenant j’en suis sûre. Je suis
prête à supporter quotidiennement tes chaussettes sales !
Pacey : Quoi mes chaussettes sales ? Tu en vois où toi ? Je
suis très propre comme garçon moi. Faut pas croire hein !
C’est un cliché vieux comme le monde ça.
Joey reprit son sérieux : Alors tu acceptes ?
Pacey la serra dans ses bras : Mais bien sûr que j’accepte Joey.
Ca fait un an que je n’attends que ça.
Joey se colla plus fort contre lui.
Pacey : Mais dis moi, quelle a été la vraie raison, la
raison décisive et définitive ?
Joey haussa les épaules: Je suis rentrée après
le couvre-feu, j’ai raté le dîner en famille et été
insolente envers mon père.
Pacey : Je comprends mieux .
Joey sourit : Ca nous aura au moins permis de nous mettre en ménage.
J’espère seulement qu’on arrivera à se supporter.
Pacey : Je ne me fais aucun soucis pour ça. Tu verrais un inconvénients
à ce qu’on reprenne là où tu nous as interrompu ?
…Il faut fêter l’événement… Tu es maintenant chez toi
Potter.
Les baisers et les caresses se firent de moins en moins contrôlables.
Un peu plus tard dans la nuit, pendant le "repos du guerrier", Pacey
caressait la chevelure de Joey qui avait posé sa tête sur
son torse. Tous deux semblaient réfléchir mais Joey rompit
le silence en gardant un ton calme, quasiment inaudible : Il faudra que
j’aille récupérer quelques affaires chez moi, demain.
Pacey, sourit : Non, chez toi c’est ici Joey.
Joey lui donna un léger coup sur le ventre et tourna la tête
un bref instant pour le regarder : Fais pas l’idiot Pacey. Tu sais ce que
j’ai voulu dire.
Il la serra plus fort contre sa poitrine : tu voudras que je vienne
avec toi ?
Joey réfléchit un instant puis retroussa son nez : Non.
Si tu m’attendais dans la voiture, comme ils le font dans les films, ça
aurait l’air d’une fuite. Je suis assez forte pour le faire seule, moi
!
Pacey sourit encore une fois en secouant la tête : Dawson t’a
refilé sa lubie… Enfin, je respecte ta décision. Et puis
je dois bien dire que je n’ai pas tellement envie de me retrouver en face
d’Hannibal Lecter.
Joey : Je ne compte pas non plus tenter le diable. Je m’arrangerai
avec Bessie pour y aller quand il quittera l’auberge.
Pacey : Est-ce que tu n’as pas l’impression que c’est véritablement
une fuite ? Ce que je veux dire que c’est que ça ne résout
rien.
Joey : Pacey, je ne fuis pas. Je me protège c’est tout ! Tu
préfèrerais que je reste là-bas et qu’il finisse pas
m’empêcher de vivre ma vie comme je l’envisage ? C’est justement
en restant que je fuirais, je fuirais ce que je veux vraiment. Je te fuirais
toi pour choisir la facilité. Je ne suis plus une gamine et je prends
mes décisions seules en attendant qu’on les prenne ensemble prochainement.
Pacey : Excuse-moi, ce n’était pas ce que je voulais dire. C’est
que cette situation me semble tellement irréelle que… (soupir) Tu
as rêvé de retrouver un de tes deux parents tellement longtemps
que dans ma tête ça n’aurait jamais dû se passer comme
ça.
Joey remonta à ses côtés, et plaça sa tête
face à la sienne : Ne t’en fais pas Pacey. Je commence à
être habituée aux désillusions. Le sort semble s’acharner…
(sourire) mais il y a aussi de belles choses qui me sont arrivées.
Pacey lui rendit son sourire, passa sa main gauche sur la joue de Joey
et l’embrassa.
Joey : Je ne me plains pas Pacey. Si c’est comme ça que ça
devait se passer alors je ferai avec. Regarde le bon côté
des choses. Je vais te prendre la moitié de tes placards et faire
le ménage chez toi.
Pacey, fronçant les sourcils : Va pour le ménage, mais
pour les placards il va falloir trouver une autre solution parce qu’il
en est hors de question.
Joey : Non, tu as raison. Je les laisserai dans le sac à côté
de la porte, comme ça je n’aurai pas besoin de boucler mes valises
quand je te quitterai.
Pacey l’attira à lui en levant les yeux au ciel devant cette
remarque, afin de ne pas montrer sa stupéfaction.
Cette fille avait le don de le dérouter.
Elle lui déposa un tendre baiser sur le front et se blottit
contre lui pour finalement s’endormir.
Le lendemain matin, le réveil sonna à 7h30. C’était
généralement l’heure à laquelle Pacey se levait pour
partir au boulot.
Joey : tu t’en vas déjà ?
Pacey : Il faut que j’aille travailler.
Joey s’agrippa à lui pour l’empêcher de partir et se rendormir.
Pacey lui embrassa le bras : Tu veux qu’on prenne notre premier vrai
petit-déjeuner ensemble ?
Joey ouvrit doucement les yeux pour s’habituer à la luminosité
: Tu sais bien choisir tes mots, toi !
Pacey sourit : Je prends ma douche, je me prépare et on déjeune
ensemble. Rendors-toi, je viendrais te réveiller.
Joey : Tu es un ange.
Elle retomba aussitôt dans les bras de Morphée.
Une demi-heure plus tard, Pacey la tira de ses rêveries avec
une tasse de thé chaud. Il lui déposa un doux baiser sur
les lèvres et Joey soupira de plaisir. Quelle bonheur d’être
réveillée ainsi !
Ils prirent alors le tout premier petit-déjeuner dans la cuisine
qui dès lors leur appartenait à tous les deux.
Joey : C’est marrant , je trouve que ça ne change pas grand
chose.
Pacey : Peut-être quand tu auras fait le ménage ?!
La réflexion de Pacey fit rire Joey.
Pacey partit quelques minutes plus tard en direction de la marina.
Comme au quotidien, Joey rejoignit son magasin dans la matinée.
Et tout se déroula comme d’ordinaire, dans les moindres détails,
à la différence près qu’elle avait appelé sa
sœur afin qu’elle la prévienne au moment-même où leur
père quitterait le B&B.
Alors que Mary Donnen allait quitter sa chaise pour partir, le téléphone
sonna. Joey se précipita pour décrocher le combiné.
C’était Bessie et donc le moment décisif. Bessie avait envoyé
leur père faire quelques courses à la supérette du
centre-ville pour le repas de midi. C’était alors le moment idéal
! Lorsqu’elle raccrocha, elle se tourna vers son amie. Elle connaissait
la situation et avait assisté à la conversation téléphonique.
Joey : Mary, est-ce que je peux te demander un service ?
Mary : Vas-y Joey. Je garde la boutique…
Joey : Merci Mary, je serai de retour dans ¾ d’heure.
Elle fila dans l’arrière boutique, attrapa sa veste, son sac
et ses clés au vol. Et en quittant le magasin, elle jeta un dernier
: Merci encore !
Elle fila en coup de vent jusqu’au B&B au volant de sa petite camionnette.
Lorsqu’elle rentra à l’intérieur de la maison, elle serra
sa sœur dans ses bras.
Joey : Je te remercie, Bessie.
Bessie : Il n’y a pas de quoi Jo. C’est bien plus simple comme ça
!
Elles se dirigèrent ensemble jusqu’à la chambre de Joey.
Cette dernière récupéra un sac de voyage dans son
placard et entassa dedans quelques vêtements, tandis que sa sœur
la regardait agir, appuyée à l’encadrement de la porte.
Bessie, souriant : Et ton atelier alors ?
Joey, accroupie devant son sac, s’arrêta et soupira : Il ne m’aura
pas beaucoup servi., n’est-ce pas ? Même pas le temps d’en profiter…(elle
sourit tendrement à sa sœur) Je passerai certains soirs.
Bessie, lui rendant son sourire : Tu me préviendras ?
Joey : Tu nous feras du thé !
Bessie se déplaça jusqu’au bureau et attrapa la pile
de CD et la lui tendit.
Lorsqu’elle eut récupéré le plus important de
ses affaires, Joey repartit et prit rapidement la direction de l’appartement.
Elle entra et se dirigea vers le salon pour y déposer son sac. Mais
un petit mot, déposé sur la table du salon à son attention,
attira son regard. Pacey était visiblement repassé pour le
lui adresser. Laissant son visage se fendre d’un large sourire, attendrie,
elle lut : "Ne laisse pas ton sac en plein milieu Joey. Je t’ai mis
le panier de linge sale dans la chambre. Je pense que ça te suffira…
A ce soir,
Pacey. "
Elle continua alors son petit bout de chemin jusqu’à la chambre
et aperçut ledit panier, au pied du placard à vêtements
de Pacey, partiellement vidé et grand-ouvert. Il lui avait finalement
laissé une petit place. Joey trouva un nouveau bout de papier sur
un des rayonnages : " Je suis heureux que nous ayons enfin franchi le pas
!
Je t’aime,
Pacey. "
Elle rangea alors ses affaires en vitesse et quitta l’appartement plus
que ravie de la décision qu’elle avait prise la veille. Cependant,
il était maintenant grand temps de libérer Mary, les clients
allaient bientôt affluer.
A son retour au magasin, avant que Mrs Donnen ne parte, elle ne manqua
pas de lui révéler la délicate attention de Pacey.
La journée passa simplement. Un petit coup de fil de Bessie
pour savoir comment s’était passé l’emménagement,
et un autre à Jen pour lui apprendre la nouvelle. Puis il était
l’heure de fermer boutique. Quand Joey remonta la rue qui la menait jusqu’à
l’appartement, elle ressentit une sensation bien différente de celle
qu’elle ressentait généralement toutes les fois où
elle parcourait ce même chemin. C’était une sensation unique.
De celle qu’on ne perçoit qu’une fois. Comme lors d’un premier rendez-vous,
ou d’un premier baiser. Là, il s’agissait de la première
fois qu’elle empruntait ce chemin dans le but de se rendre dans SON appartement.
Et même si elle connaissait ce bitume-là par cœur , elle avait
l’impression de le fouler pour la première fois. Elle savait éperdument
que cette sensation, elle ne la revivrait jamais. C’est pourquoi elle en
savoura chaque seconde, chaque pas, qui la rapprochait toujours plus de
son nouveau logis et de sa nouvelle vie. Un sourire ! serein s’affichait
sur ses lèvres. Elle gravit lentement les quelques escaliers et,
face à la porte, sortit les clés de la poche de sa veste.
Elle les contempla une seconde puis s’en servit afin d’ouvrir la porte.
Aussitôt, une odeur alléchante vint lui faire frémir
les papilles. Depuis tout ce temps, elle avait presque oublié à
quel point Pacey pouvait faire des merveilles de ses mains.
Joey, en refermant la porte :C’est moi !
Elle lâcha son sac sur le sofa et , tout en avançant vers
Pacey qui se tenait devant la gazinière, elle l’enlaça par
derrière et colla sa tête contre son dos, en fermant les yeux
: Bonsoir.
Pacey : Ca va , Potter ?
Joey sourit en se disant : Pourvu qu’il ne perde jamais cette habitude
!
Joey : Tu as finalement changé d’avis pour mon linge ?
Pacey, tout en cuisinant ses petits légumes : Oui, le sac dans
le couloir, à côté de la porte, ça aurait fait
désordre.
Joey : Oh oui, c’est vrai que tu es très ordonné comme
garçon. J’avais oublié…Mais par chance, tu avais un placard
de libre !
Pacey se retourna, l’embrassa et lui demanda : Comment s’est passé
ta journée ?
Joey : R.A.S, la routine. Et toi ?
Pacey : Pas mieux.
Joey : Heureusement qu’il y a du mouvement ici alors. On finirait par
s’ennuyer à force.
Pacey : Oh parce que tu trouves que ça remue ici, toi ? Moi
ça me paraît très calme. Quasi routinier.
Joey : Quoi ! Déjà la routine ? Alors il faut faire quelque
chose et vite.
Pacey , avec un sourire plein de sous-entendus : C’est ce que je pensais
aussi…
Joey, sourit : C’est vrai, toi aussi tu en as envie ?
Pacey haussa les sourcils pour accompagner ses pensées.
Joey sauta sur son sac, gaiement : Bon alors qu’es-ce qu’on va voir
?
Pacey réalisa très rapidement que l’idée de Joey
ne correspondait pas du tout à la sienne. Cependant, il répondit
à regret: Oh ben je sais pas. Tu choisis.
Joey, qui avait rondement mené sa petite affaire, était
assez fière d’elle. Voir Pacey dans cet état l’avait toujours
bien fait rire.
Joey regarda la pendule du salon : Si on se dépêche, on
peut arriver à temps pour la séance de 20h.
Pacey éteignit le feu sous la casserole et lança, mi-convaincu
: Eh bien, dépêchons nous alors !
Joey rigolait intérieurement, mais elle arborait tout de même
un large sourire vainqueur.
Pacey le remarqua et la regarda, étonné. Et tout en fermant
la porte derrière eux, Joey ajouta jovialement : A toute nouvelle
vie, nouveau jeu.
A ce moment-là, Pacey comprit enfin qu’il avait été
victime d’une "machination", mais elle ne perdait rien pour attendre.
Pacey : Ah ! C’est à ça que tu veux jouer…
Il haussa de nouveau les sourcils, l’attira à lui et lui embrassa
la tempe droite. Ils se hâtèrent vers le cinéma.
Trois jours passèrent. Après ce dimanche de repos plus
que mérité, Joey avait repris le travail le lundi matin.
Pacey et elle n’avaient eu aucun mal à trouver leurs repères
et s’étaient très vite adapter à la vie ensemble.
C’était certainement dû au fait que durant les 3 ans qui s’étaient
écoulés, ils ne s’étaient pour ainsi dire presque
jamais quittés ; toujours chez l’un ou chez l’autre comme l’avait
fait remarquer Bessie.
Cependant, dans l’après-midi, un nuage vint perturber le bonheur
de Joey. Mr Potter vint lui rendre une petite visite impromptue. Elle ne
s’y attendait absolument pas et ne l’avait même jamais envisagé.
Elle se trouva totalement désemparée. De plus, Mr Potter
n’avait pas l’air de lui rendre une visite de courtoisie.
Mike : Je t’ai attendu tout le week-end avant de me rendre compte que
tu avais emporté tes affaires.
Joey : Que veux-tu que je te dise ?
Joey ne tenait pas à s’entretenir avec son père à
ce sujet, et pour échapper à cette conversation, elle s’affaira
à travers le magasin pour ne pas se retrouver face à lui.
Mike : Mais est-ce que tu te rends compte de ce que tu fais ?
Joey : Oui ! Je vis ma vie.
Mike : Parce que tu crois avoir un avenir avec un crétin pareil
?
Soudain, Joey s’arrêta net : Si tu viens dans mon espace pour
déverser des horreurs pareilles sur des personnes que tu ne connais
pas, tu peux faire demi-tour. Immédiatement !
Mike, autoritaire : Joey, je veux que tu rentres à la maison
!
Joey, sur le même ton : Et moi, je veux que tu sortes d’ici !
Mr Potter ne contesta pas, sa fille avait paru si déterminée
qu’il se doutait bien que ce ne serait pas aujourd’hui qu’il la ferait
changer d’avis. Il serra les dents et sortit.
Une fois son père parti, Joey jeta violemment à terre
le bouquet qu’elle avait dans les mains : J’y crois pas !
Malgré l’heure, elle décida de quitter le travail et
de fermer pour le restant de la journée. Elle sortit dans la rue
en fulminant. Ses pas la menèrent à la boulangerie où
elle acheta (à contre-cœur) un bon kilo de friandises en tous genres.
Puis elle rentra se confiner chez elle espérant tout de même
trouver autre chose pour passer sa colère. Mais une fois à
l’appartement, l’appel de la gourmandise se fit plus fort. Elle s’installa
sur le canapé, plaça le lourd sachet sur son ventre et plongea
inlassablement sa main dedans.
Une heure passa, mais avant même d’avoir vidé la totalité
du sachet, Joey culpabilisa. Ce n’était pas dans ses habitudes de
se laisser aller comme ça sur le simple coup de la colère.
Elle se dirigea alors dans la chambre, toujours aussi déterminée,
et en ressortit quelques minutes plus tard vêtue d’une tenue de sport.
Elle sortit de chez elle et une fois dans la rue, déposa le
casque de son walkman sur ses oreilles en se murmurant : C’est quand même
plus sain pour se défouler.
Lorsqu’elle rentra, la nuit commençait à tomber et Pacey
était déjà revenu de la marina. S’oxygéner
l’esprit avait été la meilleure décision. Elle pénétra
dans le salon et s’affala directement dans le fauteuil.
Pacey, encore une fois en train de faire le dîner : Ca va mieux
?
Joey lâcha un lourd soupir.
Voyant qu’elle ne réagissait pas plus que ça, il alla
la rejoindre et s’accroupit à sa gauche, en s’agrippant à
l’accoudoir du fauteuil.
Pacey : Tu as bien fait d’aller courir après ce que tu t’es
avalé.
Joey sourit : Je n’ai pas tout mangé.
Pacey : Et heureusement, je veux encore pouvoir dire à tout
le monde que je sors avec un mannequin.
Joey secoua la tête en continuant de lui sourire, et posa sa
main sur la sienne.
Pacey lui embrassa cette main : La colère a dû être
énorme…
Joey : Plutôt oui.
Pacey : Raconte-moi Potter !
Joey s’exécuta et lorsqu’elle eut fini, Pacey l’embrassa tendrement
: Je suis désolé que tu aies à vivre tout ça.
Voyant que Joey commençait à retrouver son air triste,
il lança : Dis Potter, c’est bien le sport mais la transpiration
sur le fauteuil…bof !
Elle rigola, il avait réussi à lui faire retrouver un
peu de gaieté. Mais elle ne perdit pas son répondant pour
autant. Approchant son visage de lui, elle renifla : Snif, snif toi non
plus tu ne sens pas la rose…
Sur ces entrefaites, elle se leva, toujours aussi souriante, et rejoignit
la salle de bain.
Quelques matins plus tard, lorsque Mike arriva sur le quai de la marina
où se trouvait Pacey, ce dernier se leva lentement, à la
fois surpris et méfiant, et s’essuya les mains avec le chiffon qui
traînait dans une de ses poches arrières.
Mr Potter ne tarda pas à entamer la conversation qu’il avait
l’intention d’avoir avec le jeune homme.
Mike : Tu dois être au courant de ma visite à Joey…
Pacey : En effet.
Mike : J’ai également eu une petite discussion avec Bessie.
Mr Potter lui paraissait soudainement abattu.
Mike : Je n’y comprends plus rien.
Pacey qui voyait que ça n’allait visiblement pas, lui proposa
: Venez, on va boire un café.
Mr Potter l’accompagna sans ajouter un mot.
Une fois installés dans le premier snack, c’est Pacey qui parla
le premier.
Pacey : Je crois sincèrement que vous vous y prenez mal avec
Joey. Lui imposer vos règles ne fera que la rendre encore plus réfractaire.
Lorsqu’elles vivaient seules, la règle entre Joey et Bessie était
très simple : Pas de règle. Elles ne cherchaient pas à
se compliquer l’existence plus qu’elle ne l’était déjà.
C’était bien assez difficile comme ça. Elles avaient donc
basé leur relation sur la sincérité et la franchise.
Si tu te comportes bien avec moi, il n’y aura pas de problème. Alors
si quand vous débarquez la première chose que vous faîtes
est de lui dire que ce qu’elle fait de sa vie n’est pas bien et que ceux
qu’elle a choisi dans sa vie ne sont pas à la hauteur… Joey ne vous
laissera pas faire. Elle s’est battue pour avoir ce qu’elle a aujourd’hui
et se fiche bien de ce que quiconque pense.
Un court silence s’installa.
Pacey reprit : Je comprends que vous ne m’aimiez pas. Non seulement
je suis le fils de celui qui par deux fois vous a collé au trou,
mais en plus de ça, je vous vole votre fille que vous n’avez pas
vu depuis bientôt 10 ans. Mais il faut que vous compreniez une chose.
C’est que Joey, je l’aime. Je me suis accroché à elle et
si un jour je devais me détacher alors… alors je tomberais dans
un sacré gouffre. Non seulement je ne suis pas Dawson mais
en plus je ne suis que ce "crétin de" Pacey…
Mike l’interrompit : Il semble que j’aie fait une énorme erreur
à ton sujet Pacey. Même après ce qu’il s’est passé
récemment, tu m’offres quelques conseils judicieux pour récupérer
ma fille.
Pacey : Je ne suis pas rancunier.
Mike : J’ai pu le comprendre.
Pacey : Tout ce qui m’importe, c’est que Joey soit heureuse et avoir
un père près d’elle contribuerait largement à son
bonheur. Elle attend depuis tellement longtemps le moment où sa
famille se recomposerait –au moins partiellement…Et si c’est le prix à
payer pour en arriver là, alors je veux bien vous aider un peu.
Mais le plus dur reste entre vos mains.
Mike : Merci beaucoup Pacey. Je ne pensais pas dire ça un jour
mais tu la mérites.
Pacey sourit timidement en fixant sa tasse de café. Il avait
toujours eu beaucoup de mal à s’en rendre compte.
Le soir-même, pacey avait volontairement omis d’évoquer
sa conversation avec Mr Potter. Il savait pertinemment que Joey le traduirait
par un complot, voire par une trahison. Il était plus judicieux
de le lui cacher momentanément, le temps que les choses se tassent
ou/et rentrent dans l’ordre. Cependant, il ferait tout ce qui est en son
pouvoir pour faire bouger les choses, dans le bon sens .
Plus tard dans la soirée, alors qu’ils étaient en train
de regarder la télé, le téléphone sonna. L’aide
de Pacey allait devoir commencer.
Joey décrocha le combiné qui se trouvait tout près.
-Allo.
Un bref silence résonna, suivi d’une voix peu rassurée.
Mr Potter :Joey, …je…je…
Joey, sèche : Ne te fatigue pas ! Je ne veux pas te parler !
Sur ce, elle raccrocha.
Pacey, jouant les innocents : Qui était-ce ?
Joey, énervée : Une erreur !!
Pacey : Oh alors c’est comme ça que tu réponds aux gens
qui se trompent, toi ?!Un peu radical tout de même.
Joey : Pacey ce n’est pas le moment…
Le téléphone re-sonna.
Joey, sèchement : Surtout tu ne réponds pas !
Pacey : Mais tu ne veux pas savoir ce qu’il a à te dire ?
Joey, dit alors calmement, tout en fronçant les sourcils : Mais
enfin de quel côté tu es, toi ?
Pacey n’eut pas besoin de répondre, le répondeur se mit
en marche, faisant place à un monologue incertain :
Mr Potter :Euh Joey…je, je voulais m’excuser…sincèrement. J’ai
agi comme un idiot…je, je ne sais pas comment me comporter avec toi. Je
te vois encore…si petite. Et …et tu m’as tellement manqué. Je voudrais…enfin
j’aimerais que tu me pardonnes mon attitude et qu’on arrive à …eh
bien, à discuter comme un père et sa fille. Peut-être
que…
Le répondeur se coupa, faisant brusquement se redresser Joey
qui écoutait très attentivement ce que son père tenait
à lui dire. Malgré tout l’acharnement qu’elle mettait pour
ne plus avoir affaire à lui, elle n’avait pu s’empêcher de
l’écouter.
Joey, à l’attention de Pacey : Peut-être que quoi ?Qu’est-ce
qu’il allait dire ?
Pacey, calmement et sincèrement, comme pour l’apaiser : Je ne
sais pas Joey.
Soudain le téléphone sonna une troisième fois.
Joey le fixa avec intensité mais ne se sentit pas de décrocher
et de parler avec son père de vive-voix.
Mr Potter : Je suis désolé…c’est encore moi… Je me disais
que peut-être…tu pourrais venir manger à la maison…dimanche
midi, après ton travail…avec Pacey bien sûr. Enfin…si ça
vous dit… Je, je n’attends pas spécialement de réponse. Je
verrais bien si tu viens dimanche. Mais …je t’en pris réfléchis-y….au
revoir.
Et il raccrocha.
Joey n’en croyait pas ses oreilles. Elle resta bouche bée à
regarder le répondeur quelques secondes.
Pacey s’approcha d’elle et lui prit une main : Est-ce que ça
va Potter ?
Joey cligna des yeux et secoua un peu la tête comme pour se réveiller
: Est-ce que …est-ce que j’ai bien entendu ? C’est un piège ou quoi
?
Pacey : il avait l’air plutôt sincère.
Joey : Sincère ? Manquait plus que ça !
Pacey : Tu devrais quand même y réfléchir.
Joey : Mais c’est tout réfléchi. Mon père n’est
pas sincère. Mon père est un menteur, un tricheur…il est
tout sauf cet adjectif-là.
Pacey baissa la tête, désolé de la réponse.
Joey, dégageant violemment sa main de celles de Pacey : Mais
bon sang Pacey à quoi tu joues là ?
Pacey : Je ne joue pas Joey. J’essaie de comprendre.
Joey déguerpit alors immédiatement pour s’enfermer dans
la chambre en disant : Fais moi plaisir Pacey, n’essaie pas de comprendre
!
Une fois seul, Pacey soupira et laissa retomber ses bras le long de
son corps. Voilà où ça le menait de vouloir jouer
les bons samaritains. C’était lui qui ramassait les coups.
Joey, elle, s’était installée sur le lit, assise, les
genoux entourés de ses bras, serrés contre sa poitrine. Elle
grommelait et pestait contre Pacey. Il fallait bien s’en prendre à
quelqu’un…
Une heure passa. Joey avait fait les 100 pas dans la chambre, et avait
décrété qu’elle avait assez vu ces 4 murs pour la
soirée. Elle enfila une tenue plus décontractée, sortit
de la chambre et se dirigea droit sur la sortie de l’appartement. Pendant
qu’elle attrapait sa veste au vol, Pacey lança :Où tu vas
?
Joey, glaciale :Je sors !
Elle referma aussitôt bruyamment la porte.
Pacey resta hébété et bloqua quelques instants
sur cette porte qui venait de s’abattre comme un coup de tonnerre. Il se
sentit soudainement très seul. Il ne s’agissait pas d’une solitude
physique, non, . Il réalisait alors qu’il se trouvait dans une situation
telle qu’il ne pouvait pas être pleinement du côté de
joey ou de son père. Il était véritablement le seul
dans la confidence. Pacey se dit qu’il était temps de réagir.
Il se posta devant l’écran de son ordinateur et se connecta à
Internet. Ce soir, ce ne serait pas Joey qui dialoguerait avec Jen. Il
avait besoin d’un appui et de conseils.
Il était presque 22h. Bessie rangeait la maison comme chaque
soir après la tornade Alexander. Lorsqu’elle entra dans la cuisine
pour se faire sa tisane nocturne, elle aperçut de la lumière
au fond du jardin. Il s’agissait de la lampe-tempête du cabanon.
Bessie réalisa alors que Joey s’y trouvait. Le temps d’enfiler un
châle, et elle la rejoignit.
Bessie : Il n’est pas un peu tard pour affiner ta fibre artistique
?
Elle vit soudain que sa sœur n’était pas d’humeur à
plaisanter.
La planche que Joey était en train de badigeonner de tranchants
traits noirs paraissait vivement lui servir de défouloir.
Bessie : Raconte-moi ce qu’il se passe.
Joey stoppa son trait, relâcha ses bras le long de son corps,
fixa le résultat et soupira. Après s’être calmée
une dizaine de secondes, elle lança le pinceau sur la table, désappointée.
Joey s’assit sur le tabouret en face de Bessie : J’en ai ma claque
de cette histoire. Est-ce que ce serait trop demander que d’avoir une vie
paisible pour une fois.
Bessie : Mais ça va se calmer Joey ! Ne t’inquiète pas.
Joey : Mais même Pacey s’y met !
Bessie, intriguée : Comment ça ?
Joey : Il prend son parti. Il prend le parti de celui qui n’arrête
pas de l’insulter. Je n’y comprends plus rien.
Bessie, plus rationnelle : Joey, si Pacey agit comme ça c’est
qu’il a ses raisons. Pacey sait toujours ce qu’il fait.
Un court silence s’installa, le temps pour Bessie de préparer
le terrain.
Bessie :Tu sais Joey, j’ai eu une conversation avec papa. Enfin le
terme n’est pas exact. J’ai hurlé et il m’a écouté.
Je lui ai expliqué qu’il s’y prenait mal. Je crois qu’il va essayer
de changer de méthode et devenir plus raisonnable.
Joey fronça les sourcils : Alors c’était ça le
coup de téléphone ?!
Bessie sourcilla : Quel coup de téléphone ?
Joey : Ce soir, il a appelé. J’ai raccroché. Il a rappelé
et laissé un message. Il veut qu’on vienne manger dimanche midi.
Bessie : Ah bah c’est gentil de prévenir la cuisinière
! Mais attends, tu as dit « on » ?
Joey : Oui, il a inclus Pacey dans le programme. Je ne sais plus à
quel saint me vouer. Lui qui nous invite presque comme si de rien n’était
et Pacey qui se met à jouer les psychologue-négociateur.
J’ai l’impression d’être entrée dans une 4° dimension,
celle qu’on avait pas encore exploré ces 15 derniers jours.
Bessie, lui tapota le genou : Tu vas voir ça va s’arranger,
si papa vous a invité c’est qu’il va y avoir du changement et qu’il
a réfléchi.
Joey : Oui mais je ne suis pas sûre de vouloir faire comme si
rien n’avait eu lieu et redevenir la petit fille docile qu’il a connu.
Bessie : Mais personne ne te demande de redevenir cette fille-là.
Reste ce que tu es devenue et affronte-le une dernière fois pour
qu’il comprenne une bonne fois pour toutes ce que tu attends de lui.
Joey se tut et baissa la tête. Quelques secondes plus tard, elle
la releva : Je pourrais te dire plus tard si on vient manger ?
Bessie, souriant :Il n’y a aucun problème. Maintenant, retourne
auprès de Pacey . il va s’inquiéter. Tu n’es pas très
productive ce soir de toutes façons.
Bessie retourna dans le B&B, laissant Joey méditer quelques
minutes. Elle fixa les traits noirs sur la toile puis secoua la tête,
éteignit la lampe-tempête et disparut dans la nuit.
Il se faisait tard, elle lambina un peu au bord de l’eau, histoire
de se retrouver un peu avec elle-même. Tout s’était enchaîné
très rapidement ces derniers temps. Il lui semblait tout d’un coup
ne pas avoir réfléchi depuis 15 jours, seulement agi. Ce
n’était pourtant pas dans ses habitudes. Elle résumait les
faits dans sa tête : le retour de son père, son emménagement
dans l’appartement de Pacey et maintenant, ils s’engueulaient. Joey râla,
il fallait que ça s’arrête. Dans un premier temps ? Rentrer
et arranger les choses avec Pacey.
En arrivant dans la rue, elle constata que la lumière était
encore allumée. D’un certain côté elle en fut soulagée.
Dans le cas contraire comment aurait-elle pu dormir en les sachant fâchés.
Et le plus vexant dans tout ça aurait été de savoir
que leur problème ne l’aurait pas empêcher de dormir, lui.
Joey pénétra dans le hall d’entrée, à peine
éclairé par la lumière du bureau entrouvert. Pacey
semblait ne pas l’avoir entendu. En avançant, Joey observa le salon
et la cuisine. Tout était nickel, il avait fait la vaisselle et
tout ranger en son absence. Elle se dirigea vers la lumière et poussa
lentement la porte qui grinça et laissa entrevoir Pacey, toujours
assis devant l’ordinateur.
Il bondit d’un coup : Tu es rentrée enfin. Je me suis inquiété
!
Il la prit dans ses bras.
Joey, mi-ironique : Alors tu n’as pas préparer mes valises ?
Pacey : J’ai bien voulu mais je ne l’ai pas trouvée.
Joey : C’était un sac.
Pacey : Alors tout s’explique…et toi…tu m’expliques ?
Joey : Je suis désolée, je ne sais pas ce qu’il m’a pris.
Je crois que j’avais besoin de me défouler et c’est sur toi que
c’est tombé.
Pacey : Il faut que tu comprennes que je ne sui pas contre toi.
On est ensemble toi et moi.
Joey : Je sais mais ça me paraît tellement bizarre que
tu prennes sa défense.
Pacey : J’ai eu le temps de réfléchir à tout ça
des centaines de fois. On ne peut pas avoir la même vision des choses
parce que toi c’est ton père. Pour moi ce n’est pas pareil. Les
insultes ont fait partie intégrante de ma vie. Ton père n’a
fait que ni plus ni moins la même chose que le mien. Me coller une
étiquette au premier regard. Je comprends ce qu’il a pu ressentir.
Tu débarques un beau jour et tu découvres qu’on n’a pas besoin
de toi. C’est exactement ce que je ressentais au lycée, depuis ma
naissance. Et crois-moi c’est dur. Bien sûr ton père a fait
des conneries, il a mal agi et n’a pas su bien faire. Mais regarde, moi,
est-ce que j’ai toujours été correct avec toi ?
Joey : Mais Pacey…
Pacey la coupa, sachant ce qu’elle allait dire : Non Potter, c’est
exactement la même chose, à la différence près
que les rôles sont inversés.
Joey se tourna et se dirigea vers la cuisine.
Pacey : Tu t’en vas de nouveau ?
Joey : Non, je vais me faire une tasse de thé, je sens que la
conversation va être longue…
Pacey, souriant :Pas si tu réfléchi à ce que je
viens de te dire.
Il l’embrassa sur le front : « Bonne nuit », et alla se
coucher.
Encore une fois, Joey allait devoir cogiter.
Deux jours passèrent. Le week-end commençait, synonyme
d’abondance de travail pour l’unique fleuriste de Capeside. Le temps avait
filé à une telle vitesse que Joey n’avait pas eu le temps
de se demander si oui ou non elle acceptait d’affronter son père
en un ultime combat. Mais le soir-même, Pacey se chargea de le lui
rappeler.
A table.
Pacey : Alors qu’est-ce que tu as décidé pour demain
?
Joey regarda fixement sa fourchette et grimaça.
Pacey comprit : Est-ce que tu y as au moins un peu réfléchi
?
Joey le regarda avec son sourire gêné : Un petit peu ?
Pacey sourit : Potter, t’es pas croyable !
Joey grogna.
Pacey : Il faudra quand même bien que tu donnes une réponse.
Si ce n’est pas à ton père, ce sera à ta sœur.
Ce n’est pas lui qui prépare le repas !
Joey : Je sais bien…
Pacey débarrassa les assiettes, la situation commençait
à l’énerver. Bien qu’il comprenne Joey et qu’il n’en veuille
pas à Mike, il trouvait cela maintenant un peu pénible. Il
fallait que Joey ouvre la yeux comme l’avait fait son père quelques
jours auparavant lorsqu’il avait fini par admettre qu’il s’était
trompé.
Pacey : Tu te méprends sur les intentions de ton père
Joey. Ce n’est pas un piège qu’il essaie de te tendre. Il tente
simplement de racheter sa conduite parce que LUI il a réalisé
qu’il avait mal agi.
Joey fronça les sourcils :Attends Pacey, qu’est-ce que tu entends
par « LUI il a réalisé » ?
Pacey vint se rasseoir en masquant son soupir : Ce que je veux dire
c’est que tu fais maintenant exactement la même erreur que lui en
te comportant de la sorte. Maintenant qu’il a admis ses torts, tu devrais
lui pardonner plutôt que de t’évertuer à vouloir reporter
la faute sur lui. Aujourd’hui c’est toi qui maintient l’écart qu’il
y a entre vous.
Joey pris la mouche : Tu n’y comprends rien !
Et alors qu’elle se levait de table, Pacey ajouta : Ton problème
Joey c’est que tu ne supportes pas d’avoir tort, et encore moins que ce
soit moi qui aie raison.
Joey hurla : C’est bien connu, tu as TOUJOURS raison !
Sur ce, elle alla s’enfermer dans le bureau. Soudain un grand vacarme
retentit. Elle avait mis la chaîne hi-fi en marche. La musique de
Radiohead et les paroles de « Myxamatosis » masquaient ses
pleurs. Joey détestait avoir tort, c’est vrai, mais ce qu’elle détestait
par dessus tout, c’était de se disputer avec Pacey. C’était
la deuxième fois que ça explosait depuis qu’elle avait emménagé.
Jamais avant ça n’avait été aussi sérieux.
Une question se retourna dans son esprit : N’avaient-ils pas commis une
erreur en décidant d’habiter ensemble ?
Elle eut le temps d’y réfléchir, et le cd de faire un
tour complet lorsque la réponse à sa question surgit de dessous
la porte. Un petit papier blanc avait été glissé à
son attention : « Pardonne-moi. Peu importe ce que tu décides,
l’essentiel c’est qu’on reste ensemble. »
Voyant qu’aucune réponse n’arrivait, Pacey réitéra
son geste : « Je t’aime ».
Pacey reçu enfin la réponse qu’il attendait et se leva.
Il entrouvrit lentement la porte et découvrit Joey, appuyée
contre le pied de la table, les yeux rouges et les joues humides.
Pacey s’approcha d’elle et s’accroupit : Je ne voulais pas que ça
se passe comme ça.
Joey : Tu avais raison.
Pacey esquissa un demi-sourire de satisfaction qu’il ravala aussitôt
pour ne pas vexer Joey.
Joey : On va aller à ce repas et tout réparer une bonne
fois pour toute.
Pacey posa ses mains de part et d’autre du visage de Joey, essuya les
traces de larmes de ses pouces et déposa un tendre et long baiser
sur ses lèvres. Il voulait lui montrer qu’elle avait fait le bon
choix.
Alors qu’il l’aidait à se relever pour la serre dans ses bras,
il remercia silencieusement Jen qui lui avait judicieusement conseillé
de la mettre au pied du mur en mettant le doigt sur le VRAI problème.
La fin de la soirée fut bien plus calme. Pacey appela Bessie
qui fut ravie d’ apprendre la nouvelle. Tout paraissait être rentré
dans l’ordre, et Pacey pria pour que ce soit également le cas le
lendemain.
Le jour J, aux alentours de 13h, Joey ferma le magasin, un bouquet
de tulipes à la main. Lorsque Joey vivait encore au B&B, elle
ramenait régulièrement un bouquet invendu ou tout simplement
susceptible de plaire à sa sœur pour décorer leur maison.
Dès lors où elle avait déménager, elle n’avait
plus pris le soin de lui en porter. Pour Joey, cette attention nouvelle
montrait d’ores et déjà son engagement de bonne volonté.
Pacey l’attendait sur un banc, en face. Elle le rejoignit. Il se leva
et l’embrassa puis elle lui prit la main pour se rassurer et pour qu’il
la conforte dans son sentiment d’avoir fait le bon choix. Pacey n’eut qu’à
lui sourire tendrement pour qu’elle se sente mieux.
Arrivés à l’auberge, ils entendirent du bruit derrière
la maison. Alexander riait à en perdre souffle. Le sourire aux lèvres,
ils contournèrent le bâtiment pour découvrir Bodie,
Bessie, Alexander et Mike autour du barbecue. Mike semblait avoir quelques
petits problèmes avec une côte de porc et en rajoutait volontiers
pour amuser son petit-fils qui ne se fit pas prier pour rigoler.
Bessie les aperçut et alla à leur rencontre, un sourire
sincère éclairait son visage.
Joey lui tendit le bouquet : Tien c’est pour toi.
Bessie : Oh t’es un amour. Merci. Je suis contente de vous voir.
Pacey : Quoi, tu veux dire que tu es VRAIMENT contente de me voir ?
Bessie, taquine comme d’habitude :Non Pacey, c’était simplement
pour être polie à l’égard de ma sœur !
Pacey rigola et se dirigea vers Bodie et Mike pour les saluer. La rigolade
s’engagea immédiatement entre les 3 hommes, sans réserve.
Pacey avait ce don de rendre les choses autrement plus faciles avec quiconque.
Toujours le mot pour rire et entraîner les autres.
Alors que sa sœur était rentrée pour mettre les fleurs
dans un vase, Joey se retrouvait seule, ne sachant trop quoi faire. Mike
le remarqua rapidement et jugea le moment plus qu’opportun pour se lancer
dans la fosse aux lions. Il se rapprocha d’elle.
Mr Potter, un sourire timide : Je te remercie d’être venue.
Joey esquissa un sourire à son tour.
Mike enchaîna : Je suis vraiment désolé. J’ose
espérer que tu me pardonneras et…
Joey le coupa afin d’abréger le supplice de son père
: Si je suis venue c’est pour qu’on reparte sur de meilleures bases, qu’on
fasse table rase de ces 15 derniers jours et qu’on réessaie.
Dans un élan de joie, Mike prit sa petite fille dans ses bras.
Joey ferma les yeux et apprécia le bonheur d’avoir retrouvé
son père.
Lorsque Pacey observa la scène qui se jouait devant ses yeux,
il ne put se retenir de sourire. Joey avait retrouvé sa famille.
Le reste de la journée se passa dans une ambiance joviale, complice,
tendre et familiale. Pacey et Joey main dans la main.
FIN
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